8ème édition du Prix du Livre Insulaire (Ouessant 2006) ouvrage en compétition
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1, 2, 3, mes petits koalas ... / Sabine Laîné. - Paris : L'Harmattan, 2005. - 212 p. ; 22 cm.
ISBN 2-7475-8184-5
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En allant vers eux, nous avons tant appris ...
L'ouvrage de Sabine Laîné n'a pas pour objectif principal d'expliquer aux occidentaux le systéme polynésien du fa'a'amu où la prise
en charge matérielle de certains enfants est confiée par les parents biologiques à des parents nourriciers 1 ; mais, en relatant une expérience vécue, il apporte un
éclairage précieux sur ce qui différencie l'adoption en Europe du fa'a'amu polynésien et, ce faisant, il peut contribuer à limiter les incompréhensions, prévenir la
déception des uns ou la rancoeur des autres.
Ce très nécessaire préalable est illustré par un rigoureux compte-rendu des étapes d'un parcours enrichissant dont il ressort que, si les
enfants se retrouvent de fait dépaysés aux antipodes, les parents adoptifs ont du adapter leurs visées éducatives et leurs comportements affectifs pour préserver le lien
primordial entre la terre natale — sacrée aux yeux des Polynésiens — et les enfants dont ils ont accepté la charge.
Ce livre, où Sabine Laîné s'est à l'évidence très personnellement impliquée, apporte un complément bienvenu aux exemples d'échec trop
fréquemment mis en avant par certains médias et devrait permettre l'amorce d'un dialogue constructif sur un sujet sensible.
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« Fa'a'amu » : « nourrir » (littéralement « donner à manger »). Très largement
développée dans toute l'Océanie, cette pratique a retenu l'attention des voyageurs occidentaux d'hier et d'aujourd'hui : Edmond de Bovis (Etat de la société tahitienne à l'arrivée des Européens), Bengt Danielsson, Mme
Giovanni (Journal d'une Parisienne en voyage), André Gain
(Aux jardins des mers), Alain Gerbault (Îles de beauté), Paul Huguenin (Raïatea la sacrée), Pierre Loti, James Morrison, Michel Panoff, Alex du Prel
(Le bleu qui fait mal aux yeux), Albert t'Serstevens, ... Pour une
bibliographie plus développée, voir : Jean-Vital de Monléon, « L'adoption en Polynésie française et les métropolitains : de la stupéfaction à la
participation » in : Isabelle Leblic (dir.), De
l'adoption : des pratiques de filiation différentes, Clermont-Ferrand : Presses universitaires Blaise Pascal, 2004
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EXTRAIT
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Nous étions régulièrement contactés par des « postulants à l'adoption », envoyés par des amis, la Ddass, des
associations ... Nous les informions, d'abord par téléphone, sur l'adoption en Polynésie et, si nous n'étions pas parvenus à les décourager, il arrivait qu'on les
rencontre.
Oui, nous les découragions. Non pas par cruauté, car nous connaissions leur détresse, mais par respect pour la coutume
polynésienne.
— Non, on n'allait pas prendre un enfant et « a tchao, à jamais ».
— Non, on n'allait pas à Tahiti pour avoir un bébé à tout « prix ».
— Oui, il fallait rencontrer la famille, avant, pendant et après.
— Oui, il fallait donner des nouvelles et pas seulement pendant deux ans.
— Oui, l'enfant n'était adoptable qu'après un délai de deux ans. Jusque-là, il était juste confié en délégation d'autorité parentale et, légalement, les parents
pouvaient le « reprendre ».
— Oui, les parents de votre enfant restaient les parents de votre enfant. Il n'y avait pas de dualité, rien à partager, juste à comprendre la place de chacun dans
l'adoption fa'a'mu.
— Oui, les parents pouvaient changer d'avis, même si vous étiez déjà sur place.
Et j'en oublie ...
Certains pensaient, ou avaient entendu dire, qu'il était « facile » d'adopter un bébé à Tahiti mais sans rien savoir du don
fa'a'mu. De ce qu'il a de merveilleux mais aussi de particulier. Alors nous faisions comme François l'avait fait avant avec nous. Et certes, nous
n'enjolivions pas la situation.
pp. 96-97
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COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
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MISE-À-JOUR : 3 AVRIL 2006
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